| LA
RENAISSANCE LE DESIGN FILMOGRAPHIE / BIBLIOGRAPHIE RETOUR SUR EXPOSITIONS |
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Renseignements au 04.98.08.01.98 |
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| L'ESPRIT
DU LIEU
La Villa Noailles était hier moderne et avant-gardiste, à la pointe de l'innovation, avec effervescence. Elle fête aujourd'hui les arts de la mode qui la font revivre. Mais on ne retourne pas à la case " départ " . On avance seulement dans la pensée du naufrage. Comme en tout ce que la poésie habite, sa lumière fut intense et brève, et ses figures fugitives. Assez pour que les artistes s'y sentent toujours bien. Jeunesse et création y sont encore chez elles, avec la porte ouverte à l'improvisation, l'impatience et l'insoumission. Fidèle à son esprit, elle tend au meeting permanent. Pour ne pas mourir, ce n'est pas une institution. Et les arts de la mode fêtent à leur tour la Villa Noailles qui s'expose à eux. Stylistes, designers, photographes, et puis des architectes, et la musique avec, font alliance à Hyères ; et alors ils jouent, lancés comme les dés du poème de Mallarmé dans des circonstances éternelles, et fatalement tombent sur la question même de l'existence et du réel, celle de Kafka dans le Château : (Que saurions-nous construire d'autre ?). Car la Villa Noailles, justement nommé Château du dé par Man Ray, offre à tout visiteur de faire avec elle l'expérience du hasard. Hasard dont la perception fait aussitôt voler en éclats, et principalement de rire, les discours convenus sur le sujet - il y avait des mécènes donc, ils aimaient le cinéma donc, l'architecte était moderne donc - et renvoie chaque chose d'ici à sa pure présence que nulle causalité n'explique plus. A la manière d'une uvre d'art, quand elle surgit pour la première fois, et qu'elle brille soudain, la Villa Noailles fait s'ouvrir les yeux endormis. Et devant eux défilent alors à la vitesse de l'instant la configuration des lieux, la vie si courte qu'on y mena et ses passions précipitées, la fin si proche de l'aventure, dans un mouvement qui continue d'emporter les artistes venus à elle, hors des bons chemins qui n'existent pas, et leur donne la force d'y aller quand même. Jamais elle n'est davantage qu'à ce moment, telle la poésie selon André Breton, bouée phosphorescente dans le naufrage. - François Carrassan |
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UN
LIEU D'HISTOIRE : Origines Ainsi la villa héliotrope vit-elle le jour et se déploya-t-elle selon la pente de la colline pour jouir au mieux de la vue du soleil : un développement excentrique de cubes à partir d'un axe vertical, avec lignes droites et arêtes vives, toitures terrasses, décrochements et porte-à-faux, surfaces unies sans nul détail décoratif ; et son esthétique non figurative fut celle d'une sculpture dont la vibration des volumes rappelle aujourd'hui encore cette vérité qu'Emile Trélat enseigna à Mallet Stevens : " La forme est l'intersection de la lumière et de la matière. " Le décor était planté qui permettrait le plaisir de la vire au-dehors dans le prolongement de la fonctionnalité raffinée de l'espace intérieur auquel furent associés divers artistes, amis de l'architecte ou des Noailles, qui travaillèrent à l'ameublement, parmi lesquels Djo-Bourgeois et Francis Jourdain ; Pierre Chareau qui réalisa une chambre en plein air avec son lit suspendu pour le vicomte ; Louis Barillet qui fit le vitrail du salon ; Laurens et Lipchitz qui sculptèrent ; Théo van Doesburg, fondateur du Stijl, qui dessina la petite pièce des fleurs où les bouquets étaient composés ; et Gabriel Guévrékian qui conçut à l'avant de la maison, un jardin cubiste pointé vers le large telle la proue d'un vaisseau moderne en route pour l'aventure moderne. Un jardin en contrebas d'un parvis devant l'entrée de la maison auquel Mallet-Stevens allait donner une force inattendue par le fait de le ceindre d'un mur percé de six ouvertures qui découperaient le paysage et le rendraient par là visible. Commencé
en 1924, le chantier allait, d'agrandissements en extensions, au gré
de la fantaisie de Charles et Marie-Laure de Noailles, se poursuivre
jusqu'en 1933. Car la " petite maison " selon le programme
primitif, dans laquelle ils s'installèrent en Novembre 1925,
même augmentée d'une annexe, manque de chambres et de place
et ne leur permet pas de recevoir assez d'invités, amis et artistes,
avec lesquels s'éprouverait la vie moderne dont ils veulent ici
et maintenant jouir. Apparurent ainsi en supplément, par désir
d'espace et sans souci des formes, " la petite villa " en
1926, " le salon rose " en 1927, " la piscine "
en 1928 , " le gymnase " en 1930, " le squash "
en 1932, édifiés peu à peu sur la colline où
chaque élément s'étageait en fonction des accidents
du terrain.
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